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analyse marché; Market analysis, pipeline, market overview

Cancer de la prostate : des peptides établis aux biothérapies émergentes

À l’occasion de Movember, MabDesign propose un nouvel aperçu des dynamiques du marché et des projets en développement dans le cancer de la prostate, avec un focus sur la diversification des modalités thérapeutiques, les principales cibles explorées et les évolutions récentes du pipeline clinique. Movember est une initiative dédiée à la santé masculine qui soutient notamment la sensibilisation et la recherche sur le cancer de la prostate.

Le cancer de la prostate reste un enjeu majeur de santé à l’échelle mondiale. Selon les données GLOBOCAN 2024 publiées par l’IARC en juillet 2026, 1,55 million de nouveaux cas ont été estimés dans le monde en 2024, pour près de 420 000 décès. Par ailleurs, environ 5,18 millions de personnes étaient en vie en 2024 après avoir reçu un diagnostic de cancer de la prostate au cours des cinq années précédentes.

Données épidémiologiques

  • 1,55 M nouveaux cas dans le monde en 2024
  • 420 000 décès dans le monde en 2024
  • 5,18 M de personnes en vie diagnostiquées au cours des cinq années précédentes.

Marché et pipeline des biothérapies dans le cancer de la prostate

L’analyse MabDesign identifie 81 références produits commercialisées et 262 références uniques présentes dans le pipeline clinique, de la phase 0 à la phase III. Ces 262 produits correspondent à 302 couples produit × indication – un même produit pouvant être développé dans plusieurs contextes cliniques.

La comparaison met en évidence deux profils très différents. Le portefeuille commercialisé est très largement dominé par les peptides et leurs associations, qui représentent 78 des 81 références recensées. Il est également fortement marqué par les génériques : 61 références sur 81, soit 75,3 %, sont codées comme génériques.

Un pipeline clinique beaucoup plus diversifiée

Le paysage est sensiblement différent lorsqu’on considère les produits en développement clinique. Les ADC constituent la première modalité, avec 64 produits sur 262, soit 24,4 % du pipeline clinique. Ils sont suivis par les anticorps monoclonaux (14,9 %), les thérapies cellulaires (14,5 %), les formats bi- ou multispécifiques (12,6 %) et les radiopharmaceutiques (11,1 %).

Un pipeline principalement concentré en phases I et II

L’analyse par couple produit × indication montre une forte concentration des programmes dans les phases intermédiaires du développement clinique. Sur 302 couples cliniques, 152 sont en phase II et 119 en phase I, contre 18 en phase III et 13 en phase 0. La phase II représente ainsi 50,3 % des développements recensés, tandis que seulement 6 % ont atteint la phase III.

Cette répartition illustre un pipeline fourni mais encore largement situé aux étapes amont du développement.

PSMA domine le paysage des cibles

La diversification des modalités s’accompagne d’une multiplicité des stratégies de ciblage. PSMA/FOLH1 apparaît comme la cible la plus représentée dans l’extraction, avec 57 couples produit × indication, devant B7-H3/CD276 (27), CD3 (26), PD-1 (19) et CTLA-4 (15).

PSMA ne se limite par ailleurs pas aux radioligands : dans l’extract, cette cible est explorée à travers plusieurs plateformes, notamment des radiopharmaceutiques, des thérapies cellulaires génétiquement modifiées, des formats bi-/multispécifiques et des ADC.

Un développement encore largement orienté vers les lignes avancées

Parmi les 213 produits cliniques pour lesquels une ligne de traitement est renseignée, 159 apparaissent en deuxième ligne, 64 en troisième ligne et 27 en première ligne ; 10 sont également associés à un contexte adjuvant.

Ces catégories ne sont pas mutuellement exclusives, un même produit pouvant être étudié dans plusieurs lignes de traitement.

Cette orientation vers les lignes avancées est cohérente avec la place du mCRPC — metastatic castration-resistant prostate cancer —, qui constitue la première indication ciblée, avec 129 des 302 couples produit × indication (42,7 %).

Des jalons récents qui illustrent la diversification des approches

Plusieurs développements récents illustrent concrètement cette diversification des modalités thérapeutiques.

  • En septembre 2025, pasritamig (JNJ-78278343) est entré dans l’étude de phase III KLK2-comPAS (NCT07164443) dans le mCRPC. Cet anticorps bispécifique engageur de cellules T cible KLK2 sur les cellules tumorales et CD3 sur les lymphocytes T. L’étude est actuellement indiquée comme Enrolling par Johnson & Johnson.
  • Le 31 juillet 2026, la FDA a accordé une extension d’indication à Pluvicto (lutetium Lu 177 vipivotide tetraxetan) en combinaison avec un inhibiteur de la voie du récepteur aux androgènes (ARPI) chez les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique PSMA+ androgen pathway modulation-naïve/sensitive, auparavant désigné mHSPC. Cette décision étend ainsi l’utilisation de cette thérapie par radioligand à un stade plus précoce de la maladie métastatique. Le programme ^177Lu-PSMA-617 avait intégré le portefeuille de Novartis lors de l’acquisition d’Endocyte, finalisée en décembre 2018.
  • Enfin, risvutatug rezetecan (GSK5764227 / HS-20093), un ADC ciblant B7-H3, est désormais évalué en phase III dans l’étude EMBOLD Prostate-302 (NCT07802704) chez des patients atteints de mCRPC. Le registre officiel de GSK indique une étude débutée en septembre 2026 et actuellement Recruiting. GSK détient les droits de développement et de commercialisation hors Chine continentale, Hong Kong, Macao et Taïwan dans le cadre d’un accord de licence conclu avec Hansoh Pharma en décembre 2023.

Ces exemples illustrent un paysage d’innovation dans lequel ADC, engageurs de cellules T et radioligands progressent simultanément, avec des stratégies de ciblage et des positionnements cliniques différents.

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Découvrez en un coup d’œil les principaux chiffres du marché et du pipeline dans le cancer de la prostate : stades de développement, modalités thérapeutiques, lignes de traitement, principales cibles et exemples de jalons cliniques et réglementaires récents.

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Sources :

Sources : IARC – GLOBOCAN 2024, données publiées en juillet 2026 ; Analyse MabDesign basée sur GlobalData, extraction du 19 octobre 2026 ; FDA ; registres et communications officielles Johnson & Johnson, Novartis et GSK, consultés en octobre 2026.

Date – November 2026

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Jean-Roch Fabreguettes

MEARY

Directeur Médical et Personne Responsable du Centre MEARY de thérapie cellulaire et génique au sein de l’hôpital Saint-Louis à Paris

Jean-Roch Fabreguettes est un spécialiste de la recherche translationnelle et des phases précoces de développement clinique des médicaments de thérapie innovantes (MTI). Pharmacien, titulaire d’un doctorat de l’Université de Montpellier 1, il a travaillé plus de 25 ans dans le domaine et a contribué, pour des équipes académiques comme pour des start-ups, à la réalisation de plus de 30 programmes de recherche sur différents types de MTI : thérapie génique in vivo ou ex vivo, thérapie cellulaire, ingénierie tissulaire… Il est actuellement Directeur Médical et Personne Responsable du Centre MEARY de thérapie cellulaire et génique au sein de l’hôpital Saint-Louis à Paris. Le centre MEARY est une plateforme de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), dédiée à la fabrication de médicament de thérapie innovante expérimentaux. Laboratoire membre de l’ISCT, il est autorisé par l’ANSM et dispose d’un certificat GMP. A ce titre Jean-Roch Fabreguettes est impliqué dans le développement clinique et la fabrication de nombreux MTI : CAR-T cells, lymphocytes T régulateurs, cellules stromales mésenchymateuses…

Précédemment, Jean-Roch Fabreguettes a été expert Qualité (CMC) auprès de l’ANSM durant 9 ans et a conseillé différentes sociétés de biotechnologies. Il est un intervenant régulier pour l’Université Paris Cité et un membre actif de l’ISCT et de réseaux nationaux et internationaux sur les MTI (UNI-TC, Join4ATMP).